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L’OTAN au sommet de Varsovie : unité, fermeté et dialogue
Mercredi, 13 Juillet 2016 13:54
otan_varsovieLes 8 et 9 juillet s’est tenu à Varsovie en Pologne le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’OTAN.
Dans ce lieu «historique» les 28 Etats membres de l’Alliance ont résolu, à juste titre, d’une posture équilibrée de fermeté et de dialogue avec Moscou. Face aux actions «agressives» et «menaçantes» de la Russie de ces dernières années, il a été décidé, en «réassurance» pour ces alliés, l’envoi de quatre bataillons (600 à 1000 hommes chacun) dans les pays baltes et en Pologne. La France, sans être «nation-cadre» participera à hauteur de 150 hommes à ce «plus grand mouvement de personnel depuis la fin de la guerre froide». Conjugué à la continuation de la mise en place d’un soutien antimissile en Europe, il s’agit d’un message clair de fermeté adressé à la Russie de Poutine.
Mais comme l’OTAN n’a de vocation que défensive, il a également été rappelé que la porte restait ouverte, ne serait-ce que par la commission OTAN-Russie, pour un dialogue constructif avec ce grand voisin de l’Est.
Aucun doute sur la détermination à n’accepter aucune déstabilisation à l’Est de l’Europe mais «main tendue», c’est dans le sens des objectifs historiques de l’alliance, qui est née d’une volonté de garantir la paix sur un continent qui sortait de deux guerres mondiales.
Mais ce sommet a aussi «regardé» vers le Sud. L’annonce de la création d’un secrétariat général adjoint en charge de renseignement, vise à améliorer la coordination des moyens des alliés notamment pour se prémunir des menaces liées au terrorisme. Par ailleurs la lutte contre Daesh nécessite une plus grande implication de l’OTAN qui déploiera des avions de type AWACS et qui a lancé une opération de sûreté maritime en Méditerranée.
Le partenariat et le dialogue, tant politique que militaire, avec les pays de Méditerranée et Moyen-Orient, dont je préside le groupe parlementaire, continueront logiquement.
Cybersécurité, admission du Monténégro, étaient d’autres points à l’ordre du jour de ce sommet qui a réussi  sa double affirmation d’unité et de détermination.
Les 28 pays ont réaffirmé leur engagement à augmenter leurs budgets de défense jusqu’à 2% de leur PIB. Il est évident que, dans un contexte instable, marqué par une multiplication de menaces, les pays européens ne peuvent plus fuir leurs responsabilités. Je considère que si nous voulons garantir notre sécurité collective, il faut produire un effort commun équivalent et solidaire.
Ce sommet n’est pas celui de la rupture mais bien celui de la constante adaptation de l’OTAN aux menaces qui planent sur l’Europe et un message ferme de ses membres en faveur de la paix dans la région.

 
Mon hommage à Jean et Charlotte Stère lors du 10ème anniversaire du cinéma « Le Kerfany »
Lundi, 02 Mai 2016 10:45

jean_stre_portrait_3Jean était typographe, c'est-à-dire un des rois de l’écrit. Pour lui rendre hommage j’ai donc fait, exceptionnellement, un texte que je porte à votre connaissance.

Jean et Charlotte Stère,

Voilà des personnalités qui méritaient d’être aimées… et qui l’étaient par beaucoup de gens (g.e.n.s) et j’en (j’e.n) étais. Bien sûr je connaissais mieux Jean (J.e.a.n) pour l’avoir côtoyé plus fréquemment que Charlotte.

Jean pour moi c’était d’abord une silhouette, bien came, bardée d’appareils photo, avec ou sans casquette, le sourire aux lèvres et affirmé comme quelqu’un qui porte le poids d’une histoire forte, la sienne, un parcours réussi et un itinéraire d’initiatives et de dévouement.

Il faisait vraiment partie de ces personnes avec lesquelles on a plaisir à être en harmonie de pensée !

Jean répondait bien à la définition de son nom, qui vient du grec Stereos, et veut dire solide.

On sait aussi qu’un Stère c’est une unité de mesure et d’ailleurs un décret a précisé que « l’emploi du stère devra cesser avant le 31 décembre 1977… ».

Heureusement cela n’a jamais concerné Jean, dont la vie n’a été qu’activités, investissements personnels et projets !

Quelle bonne idée de donner leur nom à la salle de projection ! Dans projection, il y a cette idée de se projeter, donc d’avoir des projets, et toute sa vie Jean en a eu ! D’ailleurs quand je dis Jean, vous devez entendre Jean et Charlotte car rien de grand ne se fait tout seul !

Projection donc de Jean quand il se porte, tout jeune, volontaire pour la Marine Nationale, fusilier marin en Algérie, voltigeur de pointe là-bas (définition = fantassin d’élite chargé de missions de combat) et il fera preuve d’un tel courage qu’il a obtenu la médaille militaire !

Se projeter il a aussi su le faire quand, devenu Président de l’association pour la défense de l’Art typographique il réunit les fonds nécessaires à l’achat et la rénovation du vapeur à roues à aubes de 1926 le « Princess Elisabeth », pièce historique qui a sauvé 1763 soldats français et anglais coincés à Dunkerque en 1940… d’ailleurs ce navire rénové et honoré sur les berges de la Seine a été remis, comme il l’avait promis à Michel Delebarre, député et maire pour la ville de Dunkerque.

Se projeter dans l’avenir il a aussi su le faire, avec Charlotte et d’autres, pour initier ce projet de Kerfany avec l’association des « gars de Saint Philibert » et le rôle culturel de cet investissement est tout à fait éminent !

Au cinéma on sait qu’avant la projection, il y a la distribution du film et même avant la production.

La distribution c’est quand même l’Art de faire profiter les autres de sa générosité, c’est une notion de solidarité qui vient à l’esprit !

Et la solidarité, le souci de l’autre, la distribution donc de choses positives, cela fait partie de la personnalité de Jean !

A peine rentré à l’Imprimerie Nationale comme compositeur typographe, il s’occupe des autres :

- Les anciens d’Algérie en présidant une section FNACA à Paris puis dans son implication à Moëlan
- De ses collègues de travail en étant secrétaire de la chambre syndicale typographique parisienne
- De leur patrimoine commun en créant la revue « Graphe » pour garder la mémoire ouvrière des typographes du plomb !
- De ce qui se passe dans le monde lorsque le FNLKS a recours à son aide pour les moyens techniques nécessaires à la négociation du nouveau statut de Nouvelle Calédonie. J-M Tjibaou l’a salué publiquement pour cela !

Lorsqu’il fait des actions de solidarité avec le Vietnam ou le Nicaragua… Il organise un salon des peintres vietnamiens et dans un but humanitaire d’éradication de la lèpre dans ce pays.

Déjà l’Art au service d’une noble cause.

Mais le 7ème Art il l’a mis aussi ici, au service du soutien, de la SNSM, l’Ethiopie ou les otages Ghequière et Taponier par exemple.

Chers amis, avant la projection d’un film, avant sa distribution, il y a sa production.

Et Jean a été un producteur non seulement de bienfaits mais aussi d’activités.

On lui doit non seulement sa production à l’imprimerie nationale mais aussi la fondation en 1983 de la société « Graphisme et Communication », dont il sera la PDG et qui a été un centre important dans la région parisienne, pour la formation et la reconversion (clients ADP, BDF etc.)

Plus tard il reprend une imprimerie, bien connue des députés, « Librairies, imprimeries réunies » alors en dépôt de bilan et qu’il parvient à redresser avec 95 salariés.

Et puis produire du bonheur, pour tous les amateurs de cinéma, les vrais « Cinéma Paradiso », c’est ce qu’il a fait ici à Moëlan.

Producteur de bonheur, distributeur de bienfaits, projecteur de réussites, décidément toute la vie de Jean ressemble au destin d’un film.

Mais un film de joie, de partage, de succès !

Par son charisme, son sens du collectif, sa volonté d’aller de l’avant, il a, ils ont, embelli bien des vies.

Je vais vous faire un aveu : j’étais sur le point d’obtenir pour Jean une promotion dans cet ordre de la légion d’honneur à laquelle il appartenait déjà. La fin, trop tôt de sa vie, n’a pas permis d’aboutir.

Mais l’honneur nous le rendrons ici et c’est mérité !

Et nous sommes légion à le faire car cette estime pour eux est largement partagée !

Honneur et Reconnaissance à Jean et Charlotte Stère !

 
Réouverture du Musée de Pont-Aven
Mardi, 29 Mars 2016 09:01

pont-avenVoici à suivre mon intervention lors de l'inauguration du Musée de Pont-Aven, le 25 mars dernier :

Il y a une force particulière qui nous a entraînés ici, nombreux, en cette fin d’après-midi ! Quelle est-elle ? Le nouveau musée de Pont-Aven ? Gauguin ? Tous les peintres d’ici ? La beauté du lieu ? L’exposition sur les Rouart ? Sans doute tout cela à la fois !
Comme j’ai eu la chance de voir grandir (on est quand même quelques uns ici !) ce musée dédié à l’école de Pont-Aven, je dirai que le bébé des années 60/70, l’adolescent de 1985 est devenu un beau jeune homme (ou jeune fille si, au lieu de parler d’un musée, on parle d’une institution… et aussi pour respecter la parité !).
Oui donc on est là pour le nouveau musée qui a eu « l’art de se réinventer » comme le dit le carton d’invitation.
Mais aussi pour Gauguin bien sûr, dans cette cité où il a vécu, dans ces paysages qu’il aimait, dans cet environnement humain qui l’a porté, l'a transcendé.
Une partie de son œuvre est éclairée par la connaissance, l’appréciation des paysages et des gens d’ici… mais je ne vous parlerai pas de Gauguin… d’autres le font plus savamment que moi !... sauf quand même pour vous dire qu’il y a 130 ans, un vendredi soir (tiens tiens !) il quittait Paris en début d’été pour venir ici « faire de l’Art » comme  il le disait lui-même… il ne savait pas alors qu’il allait aussi faire l’Histoire de l’Art !
Donc Gauguin évidemment !
Mais on est là aussi pour les peintres qui étaient ici avant lui ou avec lui ou après lui… ceux qui l’ont inspiré comme Emile Bernard ou ceux qu’il a inspiré… nombreux en les faisant aller vers une réalité idéalisée, en les incitant à l’audace, en les portant vers le dépassement des préjugés… au sens étymologique du terme !
Oui nous sommes ici aussi pour eux, de même pour la beauté des lieux, l’intégration des bâtiments avec respect, émotion et harmonie, dans cette cité de charme qu’est Pont-Aven.
Et puis pour l’exposition temporaire sur les Rouart, cette saga d’artistes de plusieurs générations successives et dont Henri a eu, historiquement, une connexion forte avec Gauguin.
Donc c’est tout cela : nouveau Musée, Gauguin, les peintres de son école (plus buissonnière que scolaire !) la beauté du site, la connaissance des Rouart…qui nous a mobilisés en cette fin d’après-midi.
Mais notre présence témoigne aussi de la conscience d’assister à une étape importante de la réussite d’un quadruple enjeu :
-    Un enjeu artistique
-    Un enjeu architectural
-    Un enjeu de territoire
-    Un enjeu de cohésion

Un enjeu artistique
Car exposer des œuvres ce n’est pas se contenter d’une opération physique et matérielle d’accrochage de tableaux à un mur en recherchant, autant que possible, un résultat esthétiquement satisfaisant !
Pour qu’un musée ait un sens, pour que des expositions permettent de magnifier des œuvres et de respecter le public qui vient les contempler, il faut un travail de fond, moins visible lui, mais indispensable en amont !
Ce travail d’étude, de mise en perspective, de recherche de cohérence, est ici remarquablement effectué par les équipes du Musée… je veux les en féliciter !
C’est aussi un enjeu architectural car il faut la double réussite d’accueillir des œuvres de l’histoire et d’être, en soi même, une œuvre de création ! Toutes celles et ceux, cabinet d’architecture en tête, qui ont conduit le projet, peuvent être fiers du résultat !
C’est ainsi qu’ici, dans ces lieux historiques, il y aura une mise en valeur des œuvres par une muséographie élégante et moderne, avec des équipements aujourd’hui indispensables, que ce soit pour l’accessibilité ou les nouveaux médias.
Et puis on a la découverte d’éléments d’architecture beaux et pertinents.
On retrouve en fait l’harmonie unifiée de la mémoire, de la beauté et de l’émotion.
Un autre enjeu est un enjeu de territoire.
Nous sommes ici, permettez au député de la circonscription de le dire, au cœur d’une terre de culture : historiquement avec toutes ces chapelles et petits éléments de patrimoine qui parsèment nos terres… plus récemment avec tous ces festivals, fêtes et manifestations diverses qui valorisent notre histoire, nos culture et langue.
Pour rester simplement dans le domaine de la peinture regardons ce podium où l’on retrouve évidemment Pont-Aven, Clohars, sur la plus haute marche mais flanqués de brillants foyers picturaux qu’ont été et sont Concarneau et son groupe de peintres, ainsi que Quimperlé… entre autres !
Un Musée comme celui-ci, et c’est aussi pour cela que j’ai apporté ma pierre, enfin ma petite brique financière, à l’édifice, est une chance pour l’animation de notre territoire, pour l’éducation des enfants (parce que la mémoire est le terreau de l’avenir et qu’il faut que les générations futures  reçoivent ce dont nous avons hérité !) et puis c’est réellement un plus pour notre économie en termes de compétitivité et d’attractivité ! Je peux vous affirmer que, lors de mes nombreux déplacements pour l’OTAN, on me parle souvent de Pont-Aven !
Cet investissement beau, significatif, marquant, niché dans notre magnifique région, peut être un parfait point de départ pour un week-end sur mesure où l’on mixera culture et plaisir.
Ce musée, lieu ouvert sur la société, peut être un point de départ de circuits piétonniers « sur les pas de Gauguin » ou motorisés pour voir tous les sites et paysages que lui, et ses compères, chérissaient.
Enfin c’est un enjeu de cohésion.
La réponse à cette exigence collective qui est la nôtre, de préserver et mettre en valeur notre patrimoine, doit passer par des partenariats entre ces différents acteurs que sont, dans notre pays, l’Etat, les collectivités territoriales et les personnes privées qu’elles soient individuelles, du mouvement associatif ou des entreprises.
C’est la conjugaison des efforts qui fait le succès. L’Etat apportant une cohérence de la politique publique du patrimoine, expertise et conseil.
Les collectivités locales inscrivant cette promotion de l’Art dans leur projet de territoire car cet engagement est porteur de beauté mais aussi de valeurs.
Et les mécènes, les individus ou collectifs, personnes morales ou physiques apportant leur enthousiasme, leurs connaissances et passions, leur engagement, leurs capacités financières, intellectuelles, morales.
Il ne faut surtout pas les oublier toutes ces personnes qui n’ont pas la pérennité, la permanence des institutions, mais ont joué et jouent un rôle essentiel !
Je vais citer ce que je disais le 7 octobre 1986 (et oui j’ai des archives !) au Conseil Général du Finistère à Quimper où je siégeais alors « Les affaires de Pont-Aven ont démarré il y a quelques années déjà lorsque particulièrement un président de société de peinture, dont vous connaissez le nom, a organisé des expositions de renom, concernant Slewinski, Cuno Amiet, le Musée de Varsovie etc. J’abonderai dont tout à fait dans le sens de M. Le Pensec pour dire qu’il me serait agréable que l’on susurre aux intéressés que donner le nom de cette personne que je peux citer, puisqu’il s’agit de feu Maître Dambrine, à une des salles du Musée serait une marque de gratitude appréciée de tous ceux qui ont vu les choses évoluer ».
Bien sûr cette intervention date un peu (30 ans), bien sûr je ne sais pas si elle a toujours sa pertinence dans un contexte changé, bien sûr d’autres noms peuvent venir à l’esprit comme Maurice Malingue ou Bertrand Queinec, d’autres encore évidemment.
Mais une chose est sûre : toutes les bonnes volontés ont été et sont nécessaires. Louis Le Pensec, que je salue et Colette, continue lui aussi son travail, comme il le faisait en tant qu’élu, au service du Musée ! C’est toujours toute une équipe qui doit œuvrer… on ne gagne jamais seul !
En tout cas, et ce sera ma conclusion, l’Art en général, et ce musée y participe, est une force de cohésion.
Dans la logique de Paul Gauguin il favorise l’exigence de décloisonnement, d’ouverture sur d’autres horizons et agit donc, à sa manière, contre l’affrontement sauvage des identités, les logiques agressives d’enfermement ou de communautarisme.
Il nous offre l’imaginaire, l’enchantement, le rêve, l’inspiration contre les tentations, très contemporaines, du désenchantement.
Il agit, comme le fait toujours la culture, contre la barbarie car c’est toujours à l’Art que s’en prennent, dès qu’ils en ont la possibilité, les fondamentalistes, intégristes ou régressifs de tous poils.
Cette force qui nous a entraîné ici ce soir, et qui va pousser à venir de très nombreux visiteurs, et bien c’est celle de la civilisation.
Œuvrons tous en ce sens. Merci.

 
Une Erreur oui et même une Faute
Samedi, 12 Mars 2016 18:18
La municipalité de Concarneau a décidé de vendre à une société de promotion immobilière le bâtiment "ancienne mairie" et les locaux administratifs attenants.
C est une erreur car ces locaux, qui ont eu une vocation publique, devaient la garder compte tenu de leur emplacement.
C est même une faute car ils sont bradés au niveau prix (en limite basse de l estimation des Domaines) alors que ce sont des générations de concarnois qui, par leurs impôts, ont payé ces bâtiments.
C est une erreur car, en paraphrasant E.Rostand en actes on "pouvait y faire bien des choses en somme"! Entre les abattre pour ouvrir le quartier par une belle place ou les réhabiliter à vocation culturelle, muséale, associative ou promotionnelle, l'imagination n'aurait pas manqué pour les utiliser.
C est même une faute car, au lieu de confier à un promoteur privé l'aménagement, faire appel à un office public aurait permis, y compris, par bail emphytéotique et donc retour à terme à la ville, de faire les mêmes aménagements qu'un particulier.
C'est une erreur car ces locaux symboliques n'ont pas à faire les frais de choix municipaux visant à balayer le passé comme pour le nier.
C'est même une faute car avec le même prix que celui dépensé à Foch pour une maison des associations, on pouvait faire une belle rénovation permettant de garder dans le patrimoine communal cet emplacement majeur, porteur pour le développement du centre-ville.
Vraiment privilégier pour une ville le court terme c'est une erreur
Mais oublier l'intérêt à long terme des habitants c est vraiment une faute !
 
Retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN : 50 ans après la décision du Général !
Mardi, 23 Février 2016 17:46

Il y a 50 ans, le 21 février 1966 le Général De Gaulle, dans un discours mémorable, décide de mettre fin à la participation de la France à la structure militaire intégrée de l’Alliance Atlantique, dont elle était l’un des membres fondateurs en 1949. Cette sortie est souvent interprétée comme la rupture totale des relations entre la France et l’OTAN et comme un anti-américanisme. Il en est autrement.

Si De Gaulle veut que la France recouvre « l’entier exercice de sa souveraineté entravé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation qui est faite de son ciel », il faut la remplacer dans le contexte de la Guerre Froide. Son souhait est plutôt de garantir l’autonomie défensive de la France vis-à-vis de ses partenaires notamment dans le domaine du nucléaire. Rappelons néanmoins que la France reste cependant membre de toutes les organisations de l’OTAN à l’exception donc du groupe des plans nucléaires et du comité des plans de la défense. Ce retrait sera pris en compte par le président américain Johnson suite à une lettre du Général le mois suivant, en mars 1966. Ainsi selon sa formule il s’agit de « modifier la forme de notre Alliance sans en altérer le fond ».

La France par ce départ a su montrer qu’elle n’était pas constamment alignée sur les décisions américaines. Ce fût alors l’occasion pour De Gaulle d’établir les premières relations diplomatiques occidentales avec la Chine, mais aussi de déconseiller aux américains de poursuivre la Guerre du Vietnam ou encore de déclamer son fameux « Vive le Québec Libre ». Mais ce non-alignement ne signifie pas pour autant un anti-américanisme forcené. La France garde une place importante dans l’OTAN tout au long de la Guerre Froide. En effet, elle participe activement aux orientations politiques de l’Alliance, elle tient ses engagements au titre de la défense collective et participe aux opérations de gestion de crise. Ainsi les accords Ailleret-Leimnitzer de 1967 permettent une collaboration de l’OTAN sur le stationnement des troupes françaises en Allemagne. La France ne cessera jamais sa collaboration avec l’Alliance, François Mitterrand signera d’ailleurs un accord avec elle en 1993 sur la question du corps franco-allemand d’Eurocorps. Jacques Chirac en 1995 entamera une nouvelle approche avec l’OTAN en réintégrant le conseil des ministres et son comité militaire.

Mais c’est en mars 2009 que la France retrouve pleinement sa place dans l’organisation en réintégrant le commandement militaire intégré. En effet, notre participation en l’état ne nous permettait pas de prendre toute notre part aux décisions de l’Alliance. Notre pays retrouve alors sa juste place au niveau européen face aux intérêts américains. Néanmoins notre concours n’est pas total. Pour garder une indépendance sur notre politique de dissuasion nucléaire, la France a décidé de n’être qu’observateur du groupe des plans nucléaires de l’OTAN. D’autres conditions permettent également à la France de garder sa souveraineté. En pratique, ce retour dans l’OTAN a permis le déploiement de centaines de militaires français et l’obtention de deux postes à hautes responsabilités : le commandement suprême allié chargé de la transformation de l’OTAN (SACT) basé à Norfolk (USA) et le commandement interarmées de Lisbonne. La France s’impose de plus en plus comme un allié de confiance dans l’organisation.

Pourtant les critiques sont grandes sur la place de la France dans l’OTAN à l’heure où les tensions géopolitiques avec la Russie sont fortes. Face à cela les responsabilités de l’Alliance Atlantique sont grandes. La France doit pleinement jouer son rôle dans les négociations pour faire cesser ces critiques. Le Sommet de Chicago de mai 2012 a d’ailleurs permis à François Hollande de réaffirmer la position de la France dans l’OTAN : « Allié oui, aligné non ».

Cet article écrit par Alexandre Questel a été réalisé grâce à mon rapport d’information L’OTAN à l’ère de la transformation. Il est disponible à la demande en version papier ou via ce lien : (http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i3472.asp).

 
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